Déclaration liminaire de la FCPE Nationale au CSE du jeudi 13 février 2014

Logo FCPE NationaleMesdames, Messieurs,

Depuis, plusieurs semaines, l’actualité a été marquée par les rumeurs et les désinformations propagée à l’Ecole. Des groupes extrémistes minoritaires, mais bien organisés ont lancé via les réseaux sociaux, des tracts et des SMS des rumeurs pour créer une confusion entre une supposée « théories du genre » enseignée dans les classes, et le programme des ABCD de l’égalité.

La FCPE souhaite tout d’abord réaffirmer son soutien à ce programme qui aborde une question cruciale pour nous : celle de l’égalité en les filles et les garçons. Cette égalité, comme les inégalités d’ailleurs, se construit progressivement tout au long de la vie de l’enfant. Et contrairement à d’autres, nous considérons que l’Ecole, au côté des familles, a aussi son rôle à jouer dans la construction d’une société égalitaire. Cette mission assignée à l’éducation nationale est d’ailleurs inscrite dans le code de l’éducation et nous nous en félicitons !

Pour en revenir à ces rumeurs, il est évident qu’elles ont réussi à créer le trouble chez certains parents ou pire, une véritable peur de voir l’école de la république pervertir leur enfant.

La facilité et la rapidité, avec laquelle certains d’entre eux se sont laissés abusés par ces bêtises est un phénomène qui doit être pris très au sérieux. C’est le symptôme ou la cristallisation d’une défiance d’une partie des parents envers l’institution scolaire.

Si la confiance ne se décrète pas, il est temps que le ministère de l’éducation se donne les moyens pour que cette confiance soit le ciment qui solidifiera l’école du XXIème siècle que nous voulons refonder.

La coéducation est un concept à construire à part égale entre les différents protagonistes. Chacun doit faire un pas vers l’autre. L’école doit être un lieu démocratique où les parents ont leur place, leurs espaces de discussions entre eux et avec les personnels. Leurs idées doivent aussi pouvoir s’exprimer et être entendues grâce à leurs représentants. Leur parole doit compter et être prise en compte dans toutes les décisions qui touchent l’école. Aujourd’hui, c’est loin d’être le cas, surtout en primaire ! Les représentants de parents n’ont qu’un rôle consultatif, les conseils d’écoles ne sont qu’une chambre d’enregistrement et la parité entre  parents et enseignants n’est même plus respectée.

La place des parents doit être mieux reconnue grâce à la création d’espaces qui leur sont dédiés et pourquoi pas, par exemple, dans la gestion d’une partie des budgets attribués par les communes à chaque école, pour  l’éducation de leurs enfants.

C’est à ces conditions que pourra se développer une véritable coéducation, une écoute et une compréhension mutuelle, qui permettront de mieux faire réussir les élèves et d’éviter les malentendus.

Je vous remercie.